Tinto Brass – Une clé en nylon

Film très important dans la filmographie de Tinto Brass, il connut avec "La Clé" un succès assez conséquent qui lui permit d’asseoir sa réputation. Un phénomène de société lui apporta un coup de main. Sorti en 1984, le film se retrouva assez vite dans les clubs de location de vidéos, dont tous les possesseurs d’un appareil VHS étaient plutôt  friands. En arrière plan, c’est la libéralisation du cinéma privé. On regarde ce que l’on veut sans pour autant devoir passer par le cinéma traditionnel ou ce que veut nous imposer la télévision. Je sais pour avoir questionné le gérant d’un lieu de location de cassettes que le film érotique était la demande phare des clients, tous ne proposaient pas des films pornos. D’autre part, les films qui pouvaient prétendre à un certain érotisme filmé n’étaient pas légions. On est un peu à l’aube du genre, mais on pavait le terrain.  Ceux qui connurent cette époque se rappellent sans doute de "Electric Blue", sorte de magazine érotique en vidéo destiné à la location.


Tinto Brass filme parfois l’érotisme juste pour le filmer, sans notion de lieux précis ou de temps. Nous avons vu dans un précédent post un autre film de lui  Black Angel. Avec "La Clé", il situe son histoire dans le même contexte historique, la période du fascisme en Italie. Cela l’arrange d’une part pour montrer des femmes à moitiés nues, comme on pouvait les découvrir à l’époque, d’autre part pour mêler ses souvenirs d’enfance et ce qu’il lui en est resté, vie quotidienne s’entend. Pour la petite histoire, ce film se termine le même jour que commence un autre film, dont j’ai aussi parlé Malena, l’entrée officielle de l’Italie en guerre avec en toile de fond le discours du Duce. L’histoire se déroule à Venise, ma foi une ville bien attirante pour les cinéastes qui veulent un décor tout fait. Un vieil aristocrate Nino Rolfe (Frank Finlay), très libertin d’esprit, est le mari de la somptueuse Teresa (Stefania Sandrelli), bien plus jeune que lui. Sentant ses facultés sexuelles diminuer, il écrit un journal auquel il confie ses fantasmes toujours présents. Mais il laisse ce journal bien en vue, l’air de rien. Cela c’est pour la trame de l’histoire. En fin de compte, l’intrigue principale du film est de savoir qui va coucher avec qui, ou comment vont-ils se donner du plaisir. Sa belle femme n’est pas un modèle de fidélité et les personnages masculins qui l’entourent, pas des modèles de vertu. Bien sûr, aguicheuse, elle ne manque jamais une occasion de se mettre en évidence, pas forcément avec la  désapprobation de son mari. Les amateurs de nylon ont de quoi être satisfaits, on peut presque dire que les scènes s’enchaînent les unes derrière les autres. Le budget vestimentaire côté sous-vêtements ne devait pas être négligeable. On peut se laisser bercer  par les scènes érotiques, mais aussi se faire une idée de l’Italie à la montée du fascisme. Ce n’est pas un film historique au sens propre du terme, mais les événements en arrière plan sont assez parlants pour donner une idée de l’ambiance. Le nazisme et ses dérivés n’ont jamais fait l’éloge du sexe ou de l’érotisme, mais paradoxalement on a tourné pas mal de trucs plutôt chauds sur fond de guerre. D’où vient cet amalgame? Je n’en sais rien, le libertinage remplaçait-il un certain manque de distractions plus matérielles, du fait que l’on manquait un peu de tout?
La caméra de Brass nous charme en filmant un certain charme fait d’images sensuelles, de belles lingeries, de belles femmes. C’est quand même plus excitant qu’une chanson sur les gondoles à Venise.

Montage de quelques scènes, la chanson de Edith Piaf n’a rien à voir avec le film.

  • Titre : La Clef
  • Titre original : La Chiave
  • Réalisation : Tinto Brass
  • Photographie : Silvano Ippoliti
  • Musique : Ennio Morricone
  • Pays d’origine : Italie
  • Durée : 92 minutes
  • Sortie : 1984
    • Stefania Sandrelli : Teresa Rolfe
    • Frank Finlay : Nino Rolfe
    • Franco Branciaroli : Laszlo Apony
    • Barbara Cupisti : Lisa Rolfe
    • Maria Grazie Bon : Giulietta
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10 Réponses

  1. Bonsoir

    Merci pour ce bel article, je vais regarder ce film avec intérêt un jour de pluie.
    Amitié

  2. Bonsoir Benoît,

    Merci à vous et bonne vision, cela devrait vous plaire si vous ne l’avez déjà vu. De bien belles scènes avec des bas.

    Amitiés

  3. J’ai toujours aimé ce que fait Tinto Brass et ce film est excellent, merci pour cette piqure de rappel, et puis Stefania Sandrelli, bref (sourire)… Amitiés à vous !

    • Merci mon cher Valmont,

      Je crois que nous sommes au moins deux à aimer ses films.Il est malgré tout assez diversifié dans ses époques, résolument moderne ou avec un goût de rétro. Je préfère cette dernière catégorie, bien que les autres ne me laissent pas de marbre. La clé est un must.

      Amitiés à vous et bon weekend

  4. [...] Film très important dans la filmographie de Tinto Brass, il connut avec "La Clé" un succès assez conséquent qui lui permit d'asseoir sa réputation. Un phénomène de société lui apporta un coup de main. Sorti en 1984, le film se retrouva assez vite dans les clubs de location de vidéos, dont tous les possesseurs d'un appareil VHS étaient plutôt  friands. En arrière plan, c'est la libéralisation du cinéma privé. On regarde ce que l'on veut sans pour … Read More [...]

  5. Bonjour, vous aviez parlé de ce génie dans son genre, dans sa niche de folie humaine, celle qui ne font que du bien. Cet article complète à merveille.

    Je cherche le titre d’un film du bonhomme obsédé de volupté sans fin, où une quinqua très libertine, visite un magasin de lingerie pour un essayage. Elle est charnelle, je parlais de ce morceau à un ami, mais je suis incapable de citer le titre.

    Merci encore.

  6. Les extraits de ce film me disent quelques choses, mon chéri avait dû me le faire découvrir j’imagine… à revoir donc !
    Doux Baisers M. Le Boss !

    • Oui c’est à revoir absolument. J’essaye de compléter ma collection. Coup de chance, j’ai trouvé un coffret de lui avec 4 films dans une très belle présentation, un pin-up en relief sur la boîte. De quoi alimenter encore quelques chroniques. Et pour le prix ridicule de 25 euros…

      Doux baisers à vous aussi.

  7. Comment ne pas m’arrêter quelques instants sur ce film culte qui a bercé souvent mes rêves.
    J’adorais Laura Antonnelli dans Malicia, et là je ne trouve plus mes mots pour sublimer la délicieuse Stéfania Sandrelli.
    Je connais ce film par coeur et ne me lasse pas de la voir évoluer, toujours gracieuse, d’un charme fou et d’un pouvoir érotique sans pareil.
    Elle porte ses tenues avec une aisance et une grâce sans pareil et que dire d’elle quand elle enfile ou bien déroule ses bas…
    Merci Boss d’avoir mis à l’honneur ce beau, très beau film.

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